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Les Français font de plus en plus don de leur temps dans une association et les bénévoles sont plus jeunes, plus motivés et plus exigeants.
C’est ce qui ressort de la publication annuelle de l’association Recherches & Solidarités : LA FRANCE BENEVOLE EN 2016.

Réalisée grâce à une enquête de France Bénévolat menée tous les 3 ans depuis 2010 sur la base d’un sondage IFOP auprès de 3 156 Français et d’une enquête auprès de 6 667 bénévoles, elle dresse un bilan quantitatif et qualitatif de la situation du bénévolat associatif en France et précise les comportements de ses acteurs.

Il existe trois formes de bénévolat en France :

  •     Associatif,
  •     Dans un autre type d’organisation (politique, religieuse, syndicale ou municipale),
  •     Informel (en dehors de tout cadre ou de toute organisation, dans son voisinage par exemple).

Un bénévolat en progression


En 2016 on compte 25% de Français engagés dans une association, 8,4% dans un autre type d’organisation et 15,7% sur un mode informel, soit 49,1% au total. Certains ayant des engagements multiples, lorsqu’on ne compte les individus qu’une seule fois, on parvient à 39% de Français intervenant bénévolement, sous une ou plusieurs formes. Cette proportion était de 36% en 2010, soit une augmentation de trois points.

Le bénévolat associatif est celui qui progresse le plus (de 22,6% à 25%), tandis que le bénévolat informel se replie assez nettement.

On estime ainsi à 13 millions le nombre de bénévoles dans les associations en 2016. Et si l’on compte la proportion de Français donnant du temps pour les autres ou l’ayant déjà fait, ce chiffre est de 63% (contre 56% en 2010 soit une augmentation de sept points).

Ce constat de progression du nombre de bénévoles mérite d’être souligné face aux inquiétudes sur le comportement de nos concitoyens (incivilités, perte de repères, déclin des valeurs), et compte tenu des difficultés économiques et sociales.

Des bénévoles plus jeunes


Suivant l’élan général, la part des hommes progresse de cinq points, passant de 35% à 40%, tandis que celle des femmes reste stable à 38%.
L’écart entre hommes et femmes se réduit donc, pour s’inverser légèrement en 2016, au bénéfice des hommes.

Mais c’est surtout chez les jeunes que la progression est la plus notable : elle est de dix points chez les 35-49 ans passant de 30% en 2010 à 40% en 2016, et de neuf points chez les moins de 35 ans (de 27% à 36%).

En revanche la part des 50-65 ans diminue de huit points (de 45% à 37%) dans le même temps et celle des plus de 65 ans baisse de sept points (51% à 44%).
On remarque une frontière très nette entre les moins de 50 ans dont le taux d’engagement augmente sensiblement, et les plus de 50 ans, pour lesquels ce taux décroît de façon régulière.

Le bénévolat est donc moins sexué, mais aussi moins âgé en moyenne en raison du rattrapage des jeunes.

Concernant la formation initiale, on note un écart significatif entre les plus diplômés qui s’engagent (pour 42%) et les non diplômés (pour 34%). Mais là aussi, l’égalisation est prévisible à proportion de la progression du nombre croissant de diplômés.

Des bénévoles plus motivés et plus exigeants


Au-delà des chiffres et des spécificités liées au sexe, à l’âge ou à la formation, l’enquête démontre de profondes mutations dans la pratique du bénévolat. Celui-ci est stimulé par "l’envie d’agir" face au contexte actuel.

En 2016, le sens de l’engagement prend une autre forme. Les bénévoles, par leur nombre et leur influence, ont conscience d’occuper une position plus centrale et d’être de vrais acteurs du changement.

Tout d’abord, le sens donné à son engagement se pose davantage aujourd’hui qu’en 2010 et on affiche plus volontiers ses motivations.

A la question qui porte sur la définition du terme « bénévole », les notions de citoyenneté et d’utilité prédominent (autour de 45% des réponses) tandis que l’action militante ne vient que nettement après, avec 14% de réponses.
Pour plus de huit personnes interrogées sur dix, être bénévole en 2016, c’est « être utile à la société et agir pour les autres ». Et pour une personne sur deux, c’est une source d’épanouissement personnel. Le bénévolat est donc un engagement pour les autres, mais aussi un engagement pour soi.

À cette responsabilité collective correspond un souci d’être compétent et bien formé. Ainsi, « l’acquisition de compétences » est la motivation qui progresse le plus en six ans et lorsqu’on interroge les bénévoles sur "leurs attentes personnelles pour bien vivre leur activité", la formation arrive nettement en tête. De la même manière, savoirs et savoir-faire sont au premier rang de leurs préoccupations pour le proche avenir. "Transmettre mon savoir-faire à un ou plusieurs bénévoles" recueille le plus de suffrages pour les trois années à venir.

De plus, les satisfactions en termes « d’accès aux responsabilités », de « reconnaissance » et de moyen de se relancer professionnellement gagnent le plus de terrain.

Un tiers des bénévoles déclare exercer aujourd’hui plus de responsabilités dans leur association et porter plus d’intérêt à leur mission. Pour les années à venir, ils sont 26% à souhaiter consacrer plus de temps à leur activité.

Les savoir-faire que mobilisent les bénévoles, comme le sens accru qu’ils donnent à leur action et leurs motivations plus affirmées, suscitent « une exigence plus forte concernant l’efficacité des actions menées au sein de leur association ».

Cette préoccupation s’accompagne d’une exigence « de soutien de la part d’autres bénévoles » (32%), « d’une plus grande attention de la part des dirigeants » (25%), « d’une écoute plus attentive » (19%), sans oublier « une meilleure reconnaissance de l’action bénévole » (12%).

Face à ces nouvelles exigences et ces nouveaux comportements des bénévoles, les associations doivent s’adapter, en développant notamment la formation, pour apporter de nouvelles solutions et ouvrir de nouveaux horizons.

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