Notre action

Le secteur associatif Français occupe une place essentielle au sein de notre société. Mais l’impact des associations serait-il aussi efficace sans les 18 millions de bénévoles qui s’y engagent en mettant généreusement leurs compétences et leur temps au service des autres ? Probablement pas ! N’oublions pas que 4 associations sur 5 sont exclusivement gérées par des bénévoles. Ainsi, le 5 décembre, journée mondiale du bénévolat, doit être l’occasion de mettre à l’honneur le travail accompli par ces bénévoles, mais également, d’interpeller les pouvoirs publics sur la politique à mener en faveur du secteur associatif.

Il est en effet regrettable que les mesures annoncées en matière de vie associative ne prennent pas plus en considération les besoins de ces associations, plus petites, moins professionnalisées, alors que, largement majoritaires, c’est vers elles que devraient tendre les politiques associatives. Ainsi, lorsque les deux tiers du budget jeunesse et vie associative 2013 sont accaparés par la seule Agence du service civique, pour la gestion de 30 000 jeunes, et bien que ce dispositif soit fort louable, l’on est en droit de s’interroger sur le message transmis aux millions d’autres structures. Quant au récent dispositif des emplois d’avenir, il s’adresse essentiellement aux grandes associations à forte capacité d’accueil.

L’engagement a des incidences économiques et sociales incontestables sur l’emploi et le lien social, et s’il est vrai qu’il révèle avant tout la capacité d’un individu à faire don de soi et à s’impliquer dans la société civile sans rien attendre en retour, il serait juste, qu’au delà de l’aide apportée aux autres, il puisse être bénéfique à celui qui s’engage. En ce sens, orienter plus largement l’action des pouvoirs publics vers la valorisation de l’expérience bénévole, le développement du mécénat de compétence, le tutorat ou encore vers l’amélioration qualitative des missions de service civique, serait déjà une réelle avancée et répondrait davantage aux besoins de personnels qualifiés des associations. Rappelons également que les jeunes, future relève du secteur associatif, ne sont que 29 % à s’engager alors que 66 % se disent prêts à le faire, ignorant sans doute que cela leur permettrait de développer des compétences et une expérience facilement transposables dans l’entreprise. Des mesures visant à informer les recruteurs et les jeunes aux atouts pédagogiques de cette expérience formatrice et enrichissante serait donc profitables à tous. Les seniors en fin de carrière représentent quant à eux, un potentiel de compétences inestimable. Dans le cadre du droit à la formation, il faudrait pouvoir les sensibiliser davantage aux défis du secteur associatif, et les aider à préparer, s’ils le souhaitent, une retraite « engagée ». A ce titre, la création d’un service civique senior adapté aux projets associatifs d’intérêt général pourrait être envisagée.

Alors que le secteur associatif doit affronter des défis considérables en matière de financement et de recrutement, sa survie passera inévitablement par sa principale richesse, le bénévolat. Les pouvoirs publics devront donc rapidement apporter des solutions efficaces remettant la promotion et la valorisation de l’engagement au cœur des politiques associatives. Car au delà de la richesse morale et des compétences que l’engagement apporte, la stabilité du secteur associatif, puissant vecteur de cohésion sociale, est plus que jamais indispensable à la bonne marche de notre société.

Par Virginie Bompoint
Déléguée générale de l’Agence pour la Valorisation de l’Engagement

Jurisassociation - N° 469 - Décembre 2012

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