Notre action

Quelques heures par mois dans une association caritative ou plusieurs semaines à l’étranger pour un projet humanitaire : les formes de bénévolat sont multiples et concernaient 36% des plus de 15 ans en 2010. Pourtant, ces investissements personnels, parfois réalisés avec un grand professionnalisme, semblent peu reconnus par les recruteurs. Méprisés même, à en croire Virginie Bompoint, déléguée nationale de l’Agence pour la Valorisation de l’Engagement (AVE). "Selon une étude du CNRS, le bénévolat serait dénigré par certains recruteurs qui craignent qu’un candidat engagé bénévolement dans le cadre privé s’investisse moins dans son travail. Mais ce phénomène révèle surtout la méconnaissance du milieu associatif par les directeurs des ressources humaines."

Adaptabilité, management, compétences supplémentaires

Dans cette nouvelle configuration, plus ouverte, chaque candidat doit néanmoins savoir valoriser ses engagements. "Attention à ne pas confondre bénévolat ponctuel et véritables expériences longues", prévient Wilhem Laligant, directeur général du cabinet Randstad Search ans Selection. De fait, une implication de plusieurs mois dans un projet solidaire pour un pays en développement n’a rien à voir avec quelques heures de soutien scolaire durant l’année. L’important demeure de mettre en avant les qualités acquises et transposables dans le monde de l’entreprise.

"Le bénévole lui-même doit apprendre à valoriser son engagement au même titre qu’un stage, sur son CV, en détaillant les tâches effectuées et l’intérêt professionnel de sa mission", soutient Virginie Bompoint. Les possibilités sont nombreuses : l’adaptabilité lorsque le candidat a dû faire face à une culture différente ou à des conditions de vie spartiates, le leadership et l’encadrement lorsqu’il a été à la tête d’équipes bénévoles ou la connaissance d’un public particulier.

En outre, de véritables compétences techniques peuvent être promues lors de l’entretien d’embauche : en informatique si son implication était de refonder le site Internet d’une association, ou en comptabilité s’il était trésorier d’une organisation à but non lucratif. Au-delà, dévoiler une action bénévole "renvoie une image positive, un profil ouvert et liant", selon Wilhem Laligant.

"Des qualités humaines, résume Virginie Bompoint. Dans un monde du travail où les valeurs éthiques, solidaires, et plus généralement, de responsabilité sociale et environnementale (RSE) se révèlent de plus en plus prégnantes, l’engagement associatif peut même devenir un atout. De nombreuses entreprises établissent des partenariats ou créent des associations pour faciliter le bénévolat de leurs salariés. Elles reconnaissent ainsi qu’il permet à une personne de se sentir utile. Cet important facteur de motivation personnelle pour le salarié est donc également bon pour l’employeur", affirme Virginie Bompoint.

Une façon de faire le lien entre quête de sens et utilité professionnelle.

Par Manuel Jardinaud
Le Parisien Economie, lundi 16 janvier 2012

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