Notre action

De la figure du surintendant des Bâtiments du Roi de l’Ancien Régime à celle de Prosper Mérimée, premier inspecteur des monuments historiques en 1834, l’État français est traditionnellement le garant de la conservation du patrimoine. Face aux tendances actuelles de décentralisation et du désengagement financier de l’État, l’intérêt des acteurs associatifs et individuels pour le secteur patrimonial croît. « La société civile a un rôle essentiel, et aujourd’hui complémentaire de l’action étatique, en matière de conservation du patrimoine. Il faut tous s’investir », a déclaré le sénateur Jacques Legendre, vice président de la Commission Culture au Sénat, lors du colloque « Bénévolat et Patrimoine » organisé le 1er décembre, par l’AVE (Agence pour le volontariat et la valorisation de l’engagement). Conviant les principaux acteurs du monde associatif engagés dans le patrimoine, ce colloque tentait de répondre à une question : quelles sont les spécificités du bénévolat dans le domaine du patrimoine ?

En appelant à l’exemple de l’affaire de l’Hôtel de la Marine - où la mobilisation populaire a incité le gouvernement à renoncer au projet de mise en concession du bâtiment historique -, Jacques Legendre a réaffirmé « l’action déterminante du monde associatif. » Face à ce militantisme bénévole, Kléber Rossillon, président de la Fédération Patrimoine-Environnement, a dégagé d’autres formes d’initiatives. L’engagement scientifique qui fait progresser la connaissance du patrimoine est complémentaire d’un investissement en faveur de sa mise en valeur, ou d’une participation à des opérations de restauration sur le terrain.

Ces différents niveaux d’interventions mettent en exergue la professionnalisation croissante du bénévolat patrimonial. Des stages sont proposés par Union Rempart sur des chantiers de restauration, cherchant à « faire de l’engagement bénévole un atout professionnel par la mise en place d’un livret de compétences », a expliqué Sara Le Briand, chargée de mission de l’association.

La Demeure Historique a précisé qu’elle organisait des journées de formation pour répondre à la demande des bénévoles. Seconde spécificité du bénévolat patrimonial : son investissement est souvent lié à un attachement local. Guy Sallavuard, directeur des relations institutionnelles de la Fondation du Patrimoine, est catégorique : « le patrimoine est un lieu de consensus populaire qui participe de l’économie du territoire. Nos 466 bénévoles sont des acteurs locaux engagés auprès de la défense du patrimoine de proximité : élus ou natifs de la région... » Béatrice Genoux, chargée de mécénat à l’Assemblée des chambres du commerce et d’industrie, poursuit dans le même sens.

« Les chambres de commerce et d’industrie régionales ont un rôle prépondérant pour mobiliser des mécènes. Le territoire, par son attractivité et son rayonnement culturel,est la priorité. Il est au cœur de l’engagement mécène », a-t-elle remarqué. Le débat a doucement glissé vers le mécénat, même si bénévolat — activité non rémunérée — et mécénat— don financier — sont deux choses distinctes. Contrairement à son intitulé, le colloque a d’avantage questionné le rôle de la société civile en général dans la gestion du patrimoine. C’est ainsi qu’a été souligné l’essor actuel du mécénat populaire en faveur de la culture. Guy Sallavuard a indiqué qu’en 2010, les souscriptions populaires par l’intermédiaire de la Fondation du Patrimoine avaient augmenté en nombre de plus de 26 %, récoltant au total quelque 8,3 millions d’euros, tendance qui se confirme pour 2011.

Mais cet état des lieux de l’engagement bénévole en faveur du patrimoine, aussi complet soit-il, a manqué d’un éclairage sur l’international. Une piste comparative à creuser.

Le Quotidien de l’art, le 7 décembre 2001
Par sarah Hugounenq

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