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Valoriser le bénévolat dans le cadre de sa carrière professionnelle ? Une gageure pour les salariés qui sont pourtant de plus en plus nombreux à s’y intéresser. l’Agence pour le volontariat et la valorisation de l’engagement, qui organise le 1er décembre un colloque sur ce thème, veut sensibiliser les recruteurs.

Comment valoriser une expérience bénévole culturelle sur le plan professionnel ? Ou encore, comment inciter les entreprises à investir dans le mécénat culturel pour soutenir l’action associative ? Tels sont les axes de travail mis en avant par l’Agence pour le volontariat et la valorisation de l’engagement (AVE) dans le cadre du colloque « Bénévoles & Patrimoine », qui se déroulera le 1er décembre au Palais Brongniart à Paris.

La France compte plus de 16 millions de bénévoles : 30 % d’entre eux sont des actifs… qui, souvent, n’osent pas mentionner leurs activités caritatives sur leur CV. Selon une récente enquête de la fédération Travail, emploi et politiques publiques (TEPP), dont nous rendions compte ici : le bénévolat nuit à l’image des candidats.

Situation ubuesque, pour l’AVE, qui a décidé de lancer une campagne pour sensibiliser les recruteurs aux avantages du bénévolat.

Bien plus qu’un hobby

« Il faut tout d’abord apprendre aux bénévoles à présenter leur action, explique Virginie Bréard-Bompoint, chargée de mission auprès de l’AVE. Beaucoup se contentent encore de l’indiquer dans la rubrique ‘hobbies’, quand certaines missions ont, en termes d’expérience, autant de valeur, sinon plus, qu’un stage. »

Bénévole depuis le lycée - dans un orphelinat et auprès d’un refuge animalier notamment -, cette dernière souligne la professionnalisation générale du secteur associatif. Parce que davantage de missions réclament des compétences précises, de nombreuses associations forment désormais leurs membres actifs dans le domaine de l’encadrement, la comptabilité ou encore l’informatique.

Quant aux bénévoles plus occasionnels, ils ne viendraient pas non plus pour rien. « Je vois défiler des profils très variés. Beaucoup de jeunes qui cherchent une orientation, mais aussi de plus en plus de cadres en quête d’une réorientation ou d’une expérience transposable dans le monde de l’entreprise », confirme Claudine Aubrun, chargée de communication du réseau Remparts, qui propose aux volontaires de tous horizons des missions de restauration du patrimoine culturel, en France mais aussi à l’étranger, au Maroc, au Portugal et même en Chine.

Elargir son réseau

Outre l’épanouissement culturel et personnel que l’activité leur apporte, « nos bénévoles d’aujourd’hui ne sont plus de simples idéalistes. Un certains nombre ont un projet personnel concret derrière », ajoute Claudine Aubrun. Le Code du Travail, lui, a déjà intégré cette notion de valorisation professionnelle. Les articles L 225.8 et R 225.14 prévoient que les entreprises puissent accorder à leurs salariés une autorisation d’absence pour des activités de bénévolat. Le congé de solidarité internationale, d’une durée de 6 mois, est quant à lui accessible à tout salarié ayant une ancienneté d’au moins 12 mois dans son entreprise (art. L 225-9).

Pas forcément bien vu ? A tort, insiste Claudine Aubrun. « Un chantier de bénévoles, c’est une ‘auberge espagnole’. C’est l’occasion de croiser d’autres milieux, d’autres nationalités, et ainsi d’élargir son réseau. C’est aussi une façon de se positionner dans un groupe et d’apprendre sur soi. Et puis quand bien même ce ne serait qu’un moment de plaisir ou de décompression, il rejaillira forcément sur la vie du salarié au bureau. Et ce n’est déjà pas si mal. »

Céline Chaudeau © Cadremploi.fr

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