Notre action

Promis par le candidat Hollande, le contrat de génération est actuellement en discussion devant le parlement. Ce texte, centré sur le maintien dans l’emploi des seniors et le recrutement de jeunes de moins de 25 ans, vient se substituer au plan senior mis en place par le précédent gouvernement.

Or, le précédent dispositif abordait la question importante de l’aménagement des fins de carrière et de la transition utile vers la retraite, qui a malheureusement complètement été oubliée dans les débats sur le contrat de génération. Pourtant, l’enjeu est important, notamment pour le secteur associatif. En effet, l’allongement de l’espérance de vie en bonne santé permet à de nombreux seniors, après leur carrière professionnelle, d’en envisager une seconde tournée vers l’intérêt général, au travers du bénévolat associatif.

Il est donc regrettable que le débat public, en réduisant trop souvent la question du vieillissement de la population aux seules questions de la dépendance et de son coût sur nos finances publiques (à l’horizon 2050, estimé entre 0.4 et 2.3 % du PIB in « Les cahiers de la DGPTE », n°2009-11, juillet 2009, p.29) diffuse une image biaisée et injuste des seniors. C’est oublié, par exemple, qu’ils occupent aujourd’hui une place essentielle dans l’engagement bénévole et en particulier dans le bénévolat de compétences. L’enquête « Future of Retirement » menée par HSBC et l’Oxford Institute a estimé que l’apport du seul travail bénévole des 60-79 ans était évalué, en France, à près de 7 milliards d’euros pour l’année 2011.

Afin de mieux appréhender les pratiques associatives des séniors, l’Agence pour la Valorisation de l’Engagement – AVE – a constitué avec sept autres organisations un "groupe de travail sur l’engagement bénévole des séniors" afin, notamment de lancer une enquête sondage sur les attentes et les freins à l’engagement des 50-65 ans*.

Cette enquête indique ainsi que 17% des 50-65 ans interrogés sont engagés de façon bénévole et régulière et que 29 % d’entre eux envisagent de le faire. Cependant, Il ressort de ce sondage que c’est à l’orée de la retraite que les Français sont le plus engagés : les 56-60 ans sont 20 % à être bénévoles, contre seulement 15 % chez les 50-55 ans et les 61-65 ans. L’âge de la retraite marque une rupture.

Il semble également que la méconnaissance du fonctionnement et des besoins des associations représentent un obstacle à l’engagement des séniors qui devient de plus en plus difficile à franchir avec l’âge.

Il est donc important de sensibiliser les français à l’engagement associatif juste avant leur départ à la retraite, au moment où ils y sont le plus disposés, afin de leur permettre de construire ou de rejoindre un projet associatif, notamment par l’utilisation du DIF.

La transmission des compétences dont se réclame le contrat de génération existe déjà dans le secteur associatif et mériterait d’être davantage mise en avant. La mise en place dans les entreprises d’actions de sensibilisation à la vie associative permettrait justement une transition vers une retraite « engagée ».

Les associations, en créant du lien social, de la solidarité, mais aussi de la richesse peuvent jouer un rôle de premier plan face à la crise économique et à ses conséquences sociales et humaines. Mais pour relever ce défi, elles doivent pouvoir s’appuyer sur des bénévoles disponibles et compétents et donc sur une politique conjointe des pouvoirs publics et des entreprises pour sensibiliser les futurs retraités à l’engagement associatif.

* Sondage réalisé par le CerPhi, pour le Groupe de travail sur l’engagement bénévole des seniors, en décembre 2012.

Par Nicolas RIVARD, président de l’Agence pour la Valorisation de l’Engagement

Jurisassociations - n° 473 - Février 2013

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